Tu es au pas de la porte. Sur le paillasson tu peux lire "Entrée gratuite". Mais la porte est déjà grand ouverte. Elle t'appelle presque. Tu t'approches tout doucement... Un cure-dents commence à s'enfoncer dans la paume de ta main. Mais il n'existe pas. Une poignée ne te lâche plus le cou, et t'étouffe à moitié. Mais elle est irréelle. Un couteau dans les tripes, un couteau que tu connais si bien te plie de douleur. Ça y est, l'entrée de ce monde, où on erre sans savoir qui on est, se tient juste à deux pas de toi. La souffrance t'effleure, cet échantillon te bouleverse. Pourquoi, quand on veut ressortir, cette porte se referme systématiquement? Tu connais de nombreux visages qui se sont perdus à tout jamais dans ce grand trou qui ne finit pas, cette fameuse spirale infinie. Ils ne sont jamais revenus. Tu les connais par c½ur et pourtant... Et pourtant tu hésites à entrer, tu te dis «pourquoi pas?». Plus tard tu te demanderas pourquoi tu te l'es posée comme un con, cette satanée question. Baisse la tête, ne regarde pas à l'intérieur. C'est effectivement différent, mais pas pour autant amusant. Laisse la peur de l'inconnu te gagner peu à peu. Et surtout, s'il te plait... Tourne les talons, barre-toi en courant! Ce monde n'est pas le tien.
J'admire ceux qui comprendront ce que j'essaye de dire par ce texte.
Merci à Louise pour l'aide et l'inspiration. *